GUIDE

Coût au kilomètre : véhicule électrique contre thermique

La méthode de calcul du coût au kilomètre, la fourchette de prix du kWh à domicile et sur borne rapide, les coûts d’entretien : de quoi comparer sans parti pris entre électrique et thermique.

Comparer le coût au kilomètre d’un véhicule électrique et d’un véhicule thermique demande une méthode claire : le prix de l’énergie seule ne suffit pas, il faut aussi tenir compte de la consommation réelle du véhicule et, dans une moindre mesure, de l’entretien. Voici comment mener ce calcul sans avancer de chiffre nationalement valable, tant les situations individuelles varient.

La méthode de calcul, commune aux deux motorisations

Le principe est le même pour un véhicule électrique et pour un véhicule thermique : le coût au kilomètre correspond à la consommation d’énergie aux 100 km, multipliée par le prix de cette énergie, le tout divisé par 100. Pour un thermique, la consommation s’exprime en litres aux 100 km et le prix en euros par litre. Pour un électrique, la consommation s’exprime en kilowattheures aux 100 km (kWh/100 km) et le prix en euros par kWh. La difficulté ne vient pas de la formule elle-même, mais du fait que les deux termes, consommation réelle et prix de l’énergie, varient fortement d’un véhicule et d’un usage à l’autre.

Formule : coût au km = (consommation aux 100 km × prix de l’énergie) / 100. Avec une consommation de 15 kWh/100 km et un prix de 0,20 €/kWh à titre d’exemple, le coût s’élève à (15 × 0,20) / 100, soit 0,03 € par km. Avec un prix de recharge plus élevé, sur une borne rapide par exemple, le même calcul avec un prix de 0,50 €/kWh donne (15 × 0,50) / 100, soit 0,075 € par km : le lieu de recharge change fortement le résultat, à consommation égale.

Le prix du kWh : une fourchette large selon le lieu de recharge

Le prix payé pour recharger un véhicule électrique varie fortement selon le point de recharge utilisé. À domicile, sur une prise ou une borne reliée au contrat d’électricité du foyer, le prix correspond généralement au tarif réglementé ou au contrat souscrit, consultable sur son propre relevé ou sur economie.gouv.fr pour les tarifs réglementés. Sur une borne publique, le prix dépend de l’opérateur, de la puissance de charge et de l’abonnement éventuel : une recharge lente ou normale sur borne publique se situe généralement dans un ordre de grandeur proche du tarif domestique, tandis qu’une recharge rapide ou ultra-rapide, plus coûteuse à exploiter pour l’opérateur, affiche un prix au kWh nettement plus élevé, parfois plusieurs fois supérieur au tarif domicile. C’est pourquoi recharger majoritairement à domicile ou sur le lieu de travail, quand c’est possible, change fortement le coût moyen réel au kilomètre par rapport à un usage principalement en recharge rapide.

Le coût au kilomètre d’un véhicule thermique

Pour un véhicule thermique, la même logique s’applique avec le prix du litre de carburant, directement comparable aux prix affichés sur CarbuGo, et la consommation réelle du véhicule aux 100 km, qui dépend du modèle, du style de conduite et du type de trajet (cf. le guide Réduire sa consommation de carburant pour les leviers qui font baisser ce chiffre). Le calcul reste identique : consommation aux 100 km multipliée par le prix au litre, divisé par 100.

Les coûts d’entretien, un facteur à ne pas négliger

Le coût de l’énergie seule ne représente qu’une partie du coût réel d’usage d’un véhicule. Un moteur électrique compte nettement moins de pièces mobiles et d’usure qu’un moteur thermique (pas de vidange d’huile moteur, pas de courroie de distribution), ce qui tend à réduire certains postes d’entretien courant. À l’inverse, le remplacement de la batterie de traction, si elle devait intervenir en dehors de sa garantie, représente un poste de coût potentiellement important, propre à l’électrique, sans équivalent direct côté thermique. Ces éléments d’entretien, à la hausse comme à la baisse, doivent être intégrés à une comparaison de coût complète, au-delà du seul prix de l’énergie au kilomètre.

Ce que ce calcul ne dit pas

Un coût au kilomètre plus bas ne résume pas, à lui seul, l’ensemble de la décision entre électrique et thermique : le prix d’achat du véhicule, les aides éventuelles, l’autonomie réelle, le temps de recharge, la disponibilité de bornes sur les trajets habituels et la revente future entrent aussi en jeu, sans compter les préférences personnelles d’usage. Ce guide se limite volontairement au seul coût de l’énergie et de l’entretien courant au kilomètre, sans trancher plus largement entre les deux motorisations : c’est à chacun d’appliquer la méthode à sa propre consommation, son propre tarif d’électricité ou de carburant, et son propre usage. Pour aller plus loin, l’ADEME publie régulièrement des comparatifs de coût d’usage entre motorisations, utiles pour recouper ce calcul avec des données indépendantes.

En résumé

Comparer le coût au kilomètre entre électrique et thermique suit la même formule des deux côtés : consommation aux 100 km multipliée par le prix de l’énergie, divisé par 100. Le résultat dépend fortement du lieu de recharge pour l’électrique et du prix du carburant constaté pour le thermique : appliquer la méthode à ses propres chiffres reste plus fiable que de se fier à une moyenne nationale.

Sources

ademe.fr : Agence de la transition écologique, comparatifs de coût d’usage

economie.gouv.fr/particuliers : information officielle pour les consommateurs

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